Voilà un peu plus d'un mois que nous vivons au Tchad, autant dire rien du tout.
Ce pays est tellement éloigné de la France en tous points qu'il nous est très difficile de le comprendre. Je vais vous faire part de quelques-unes de nos observations et parfois de mes interprétations qui n'engagent que moi.
Lorsqu'on rencontre une autre culture on se rend compte de la relativité/subjectivité de nombreuses notions :
La politesse par exemple, ici pas de « svp » et le « merci » n'a pas tout à fait le même sens que chez nous. Il peut vouloir dire merci mais aussi ok ou bien il sert à achever une conversation de façon très nette. Le tutoiement est la norme même entre soignant et patient.
En revanche il faut saluer tout le monde, on sert la main aux passants qu'on ne reverra sans doute jamais.
Je pense que les Tchadiens entre eux ne se saluent pas autant mais ils peuvent devenir susceptibles si les « blancs » ne leur disent pas bonjour.
Ils nous appel les « nassaras », ça viendrai de Jésus de Nazareth. Au début nous nous agacions d'être hélé de cette manière, parce que les gens nous crie « nassaras nassaras ! »de loin, parfois pour dire bonjour, d'autres fois pour tenter de nous vendre quelque chose. Aujourd'hui ils commencent à nous connaître et le font moins ou alors nous ne les entendons plus. Nous habitons dans un quartier populaire et il y a très peu de blancs.
Pour ce qui est du confort, j'ai été un peu choqué quand nous sommes entré pour la première fois dans ce qui serai notre maison pour les 2 années à venir. Je m'attendais à un peu plus de confort et Amaury à moins (il connaissait déjà l'Afrique, pas moi!). Nous n'avons pas d'eau chaude, pas de cuvette sur les toilettes (ça ça devrait pouvoir s'arranger), pas de frigo, les coupures d’électricité sont très fréquentes, pas d'internet chez nous évidemment et parfois pas d'eau au robinet. Bien sûr l'eau est froide et pour l'instant c'est supportable mais en Décembre quand il fera 12° le matin...
Aujourd'hui je me suis habitué à tout ça et puis quand je vois comment vivent les gens de notre quartier, je relativise ! Il y a aussi une minorité qui vit très bien, à la manière Européenne mais ça c'est de l'autre côté de la ville.
La pudeur reste ma principale interrogation. Nous sommes dans un pays à majorité musulmane où il ne faut pas montrer ses épaules, ni ses genou mais par contre les femmes peuvent sortir leurs seins sans problème et faire ses besoins n'est pas une affaire privée. Les WC sont collectifs !
Les hommes, s’ils sont amis se tiennent la main dans la rue, les couples jamais ! D'ailleurs les femmes sont toujours entre elles, et les hommes entre eux.
A part ça...
Les femmes et parfois les hommes portent des choses extrêmement lourdes et volumineuses sur leurs têtes avec une aisance déconcertante.
On croise rarement une femme qui ne porte pas un bébé sur son dos.
Les gens vivent dehors, les maisons sont toutes petites et puis il fait moins chaud à l'extérieur.
Les expressions sont curieuses : « ton nom c'est qui ? » , on trouve aussi « c'est comment ? » qui veut dire « ça va ? ». On répond : « ça va un peu » ou « ça va mieux » ou « ça va encore ». Beaucoup ne diront jamais qu'ils vont bien, d'après ce que j'ai compris c'est parce qu’ils pensent que si les esprits entendent ça ils pourraient leur nuire. A confirmer !
A l'hôpital : Les patients appellent Amaury « docteur » et moi « ma sœur ». Et oui ici tous les hommes blancs sont des médecins et les femmes blanches des religieuses. Nous sommes dans un hôpital catholique. Il y a beaucoup de passages, des docteurs, sages-femmes... viennent pour quelques semaines ou quelques mois exercer leur spécialité et donner quelques cours aux étudiants en médecine et parfois aux étudiants infirmiers.
Ce poste est très décousu, je vous raconte comme ça me vient…il y a tellement à dire et pour une fois j'ai le temps.
Je termine avec notre petit voyage de la semaine dernière. Notre partenaire devait se rendre dans le sud là où il a fondé son premier hôpital et nous a proposé d'y aller avec lui pour observer comment il fonctionne, BANCO ! Nous nous sommes donc rendu à Goundi, c'est ce que nous appelons l'Afrique carte postale : le terre rouge, les petites maisons ronde, les enfants en haillons qui jouent très loin des parents et avec rien mais le sourire aux lèvres ! Ici les gens et surtout les enfants sont ravi qu'on les prenne en photo contrairement à N'Djaména.
Ces petites vacances ont tout de même un prix, le trajet : en 2 fois parce qu'il a tellement plut que les routes étaient coupées (nous avons été accueilli chez les sœurs pour passer le nuit,) il pleuvait même dans la voiture. Nous avons du changer une roue et surtout les secousses... Il y avait du goudron sur une bonne partie heureusement mais le reste de la piste... des trous sur plusieurs mètres et presque un mètre de profondeur rempli d'eau. Bref le trajet a été difficile mais ça valait le coup !
Je m'arrête là pour cette fois. A la prochaine !
Joy
PS : Ce blog est visible par tous, vos commentaires aussi ; ) à bon entendeur...
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| A Goundi il ya des chèvres partout, parfois attachées, parfois errantes dans le village. |
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| Les maisons sont rondes dans le sud pour pouvoir évacuer plus facilement l'eau qui tombe sur le toit. |
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| Des chèvres tenues en laisse. |
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| La "petite" église de Goundi. |
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| Des chèvres partout ! Même sur les murs. |
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| Cours de chant au village. |









